Je tiens à dire que aucun personnage me représente à part entière ( non parce que avec le surnom Millie, ça porte à confusion =) ), Mais on retrouve un peu de moi dans tous les personnages, forcément. Voilà donc les cinq amis : Seth, Anna, Daniel, Jeanne, et Millie. Je ne sais pas si d'autres personnages aparaîtront, franchement, on verra bien. Je ne sais pas non plus si ce sera un vraie roman, ou juste quelques lettres amassées. J'ai pas encore trouvé de titre, non plus, ça me vient après, souvent, ce genre de choses. Bon, j'espère que vous aimerez. Bises ;). M.J
Lettre 1. Anna à Millie.
Chère Millie,
Je n’ai pas eu la chance de t’écrire avant aujourd’hui, et j’en suis désolée. L’anesthésie de mon corps, comme j’aime bien le dire, perdure encore et bloque mes moindres envies. C’est comme si le monde tournait à toute vitesse et que j’en étais la spectatrice. On m’assoit sur un siège et on m’y ligote, si tu préfères. On me bâillonne même. Je sens déjà ton regard hautement réticent posé sur ma lettre, accompagné de ton inoubliable petit haussement de sourcil. En effet, j’aime les images, je trouve qu’elles expliquent mieux les pensées des gens que les mots. Les mots, ils tournent, ils s’approchent de l’authenticité sans ne jamais l’atteindre. La preuve, j’ai déjà écrit une dizaine de lignes sans pour autant t’avoir éclairé sur un fait clair et précis. L’image, elle, est directe et simple. Elle donne à celui qui la voit une palette de couleurs et d’objets présents dans la scène qui lui permet ainsi de mieux comprendre.
Je suis triste de t’écrire des choses aussi passives, mais puisque c’est l’état actuel de ma vie, pourquoi le dire autrement, pourquoi mentir ?
Aujourd’hui, j’ai déjeuné chez une amie, et nous avons discuté pendant un long moment de notre avenir. J’étais précise dans mes choix, et bien qu’ils soient très dangereux, je ne renoncerais en rien. Peut-être ne suis-je pas si passive qu’il en paraît ? Peut-être que je manque juste de souffle, de liberté, de passion ?
J’étais donc chez cette amie, et ses parents étaient présents. Ses parents ne m’aiment pas beaucoup. Je crois qu’ils n’apprécient pas mon obstination à devenir musicienne un jour, chanteuse et guitariste. Seule la gloire et l’argent comptent à leur yeux. Et la droiture. Je ne suis pas droite. Je me qualifierais de bien bancale, instable. Mais est ce que cela mérite que je sois rayée de la Terre pour autant ?. Est ce que cela me rendrait heureuse d’être ce qu’on attend de moi ?. D’être le genre de personne qu’on aime ?. Je ne pense pas, et dans ce cas, je préfère mener ma vie toute seule.
Ce qui rend mes jours gris, alors que j’idéalise un monde coloré, c’est que je me sens trop conciliante. J’apporte à une seule idée plusieurs points de vue, vois-tu. Je suis comme un juge, qui ne condamne pas sans réfléchir. Je n’identifie pas les autres comme « ceci », ou « cela », mais j’essaye de leur rendre toute la complexité et la complémentarité de leur être. Pourtant, dans mon analyse, j’ai oublié que certaines personnalités ne sont pas faites pour s’entendre. Et là où mes sens se figent et se pétrifient, c’est que je ne parviens pas à créer une rupture entre ces gens qui m’enferment et qui enferment leurs idées dans des principes stricts, et moi, qui essaye tant bien que mal de comprendre un peu plus l’activité qui nous entoure. Je dis « ça m’est égal », mais au fond, je sais bien que cela ne m’est pas égal. Je désire à un tel niveau l’unité, l’harmonie des gens entre eux, que cela me brise profondément de les voir se fracturer à tout bout de champs, juste par amour propre. Et pour des raisons qui ne tiennent pas debout, et qui surtout, ne sont pas à mes yeux, le but ultime de la vie. Je sais très bien qu’il me suffit juste d’accepter, avec plus de maturité, le fait que toute cette remise en question, n’est pas possible tout le temps et partout. Et puis, chacun possède un avis personnel, qui n’est jamais négligeable d’être écarté. Par exemple, si l’on tombait nez à nez avec les mots que je suis en train d’écrire, peut-être que huit personnes sur dix me riraient au nez. Au fond, mes questionnements ne sont peut-être pas existentiels, mais mes doutes et mes peurs au moins me permettent d’apporter une critique, et une critique qui ne jette pas des insanités mais qui réfléchit. Ce que je désire, par dessus tout, c’est juste méditer davantage pour pouvoir répondre à des problèmes qui m’angoissent et me « chatouillent » un peu chaque jour, au levé comme au couché. Et même lorsque la lucidité apparaît soudainement dans mon cerveau, je me demande si cette réponse que j’attendais tant me servira vraiment, puisqu’il faudrait que les autres l’a détiennent aussi, pour que ces avancées soit faites ensemble.
En tout les cas, tu me manques, Millie. J’espère que tu auras compris ce qui m’attriste. Tu me manques, donc, atrocement.
Ta fidèle et aimante amie, Anna,
Le 8 octobre 2009, à 20h44.
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