Lettre 2. Seth à Jeanne et Dan

Lettre 2 : Seth à Jeanne et Daniel



Hello mes chers amis !
J’espère que vous lirez cette lettre avec attention, et que vous essayerez d’être indulgent. J’ai rencontré une fille, et je crois qu’elle doit faire partie de notre groupe. Anna l’a connaît déjà, et c’est pour cela qu’elle ne fait pas partie de mes destinataires aujourd’hui. C’est une amie d’enfance apparemment. Pour ma part, je l’ai rencontré il y a une semaine, c’est à dire le jour même de la rentrée universitaire.
Je suis conscient que nous avons toujours été les quatre inséparables et ce depuis le collège. Anna, Jeanne, Daniel, et moi, Seth. Mais avouez que nous n’avons jamais été contre l’idée d’un ou d’une nouvelle recrue, si cette personne en valait vraiment la peine. L’âme de notre « famille » repose sur l’ouverture d’esprit, la joie de vivre, et l’écoute. Le côté fusionnel aussi. Tant que vous ne l’aurez pas rencontré, je sais pertinemment que vous serez sur la défensive, et que vous rejetterez ma proposition. Je dois cependant vous décrire cette jeune fille, ce qui me pousse à vous la présenter.
En quittant le lycée, j’ai eu peur que nous soyons séparé les uns des autres. Ce qui cependant m’a redonné espoir, fut le fait que nous serions à coup sûr dans la même université, bien que nous ne partagerions sans doute pas la même licence. Le jour de la rentrée, donc, j’étais morose et mélancolique. Des images traversaient ma tête, et vous vous doutez bien que ces images ne reflétaient que vous, que nous. Je me suis assis dans le couloir devant ma classe, et j’ai observé les arrivants, avec un sentiment de rejet absolu. Je ne voulais pas qu’ils vous remplacent, qu’ils partagent ma vie, alors que vous étiez mes compagnons de toujours. Chaque élève regardait la petite feuille du plan de l’université, inquiets, agités. Ils étaient tellement angoissés de se tromper de bâtiment qu’ils se parlaient tous entre eux, sans se connaître. Je soupirais intérieurement, complètement méprisant vis à vis de ces jeunes, qui me ressemblaient pourtant plus que je ne le pensais.
C’est alors que je l’ai aperçu. Elle était en retard, mais son visage était impassible. Elle avançait calmement, son plan plié en huit dans l’une de ses mains, et s’arrêta lorsqu’elle vit le petit chiffre « deux » sur la porte de la classe. Elle était tellement charismatique, et sans le vouloir, qu’elle attira mon attention, et que j’oubliais tout d’un coup mon mépris et mon humeur. Je levais des yeux curieux vers cette jeune fille qui semblait aussi sûre d’elle que perdue. Puis, elle s’assit en face de moi, de l’autre côté, sans me voir cependant. Elle arborait désormais une expression sceptique, et regardait comme je l’avais fait auparavant, les autres élèves sans beaucoup d’optimisme. Beaucoup de choses semblaient contraster en elle, comme l’opposition entre sa moue légèrement hautaine, et ses vêtements colorés que je trouvais adorables. Elle avait une sorte de charme envoûtant, entre femme et enfant. Elle ouvrait de grands yeux sur ce qui l’entourait, comme si elle voulait tout avaler pour tout comprendre. Lorsque le professeur arriva enfin, je fis exprès de me mettre derrière elle dans la file, pour qu’une fois à l’intérieur de la classe, j’ai toutes mes chances de me placer à ses côtés. Je restais concentré sur l’appel du professeur, pour ne pas manquer le nom de cette jeune fille que j’avais tant envie de connaître. Millie. Elle s’appelle Millie, mes doux amis. Elle semblait concentrée elle aussi, mais davantage sur le discours de notre enseignant que sur moi. Silencieuse, elle ne prêtait pas beaucoup attention aux autres, doutant peut-être de leur sympathie. Comme je regardais les moindres détails de sa physiologie, et de son comportement, elle ne manqua pas de le remarquer, et de me jeter au visage sur un ton acide :  «  Tu as un problème, je peux t’aider ? ». Comme je ne répondais pas, elle se détourna de moi pour continuer à prendre ses notes, sans un bruit. Elle venait d’être très désagréable, et j’en fus touché, plus pour le fait que notre vraie rencontre prendrait certainement plus de temps que prévu. Après cet échec cuisant, je voulus me rattraper, et le lendemain, au lieu de me placer à côté d’elle, je lui lançai un regard dégoûté avant de me mettre à côté de la fille la plus jolie de la classe. ( Qui était en fait une fausse blonde, grande, et sophistiquée, mais le sens commun aime ce genre de personne ). Mais mon plan échoua de nouveau. Elle capta mon regard, certes, se tourna vers moi, et vers cette fille artificielle. Seulement, au lieu de rougir, d’éprouver la moindre jalousie ou culpabilité, elle haussa les sourcils et me délivra un visage qui montrait au plus haut point son indifférence. Ce jour là, elle m’énerva avec brio. J’avais envie de tirer sur ses longs cheveux noirs électriques. Elle devait me prendre pour l’un de ses gars qui séduisent à longueur de journée, et d’une façon plus niaise que tactile. Pourtant, je ne voulais pas la séduire, je voulais être son ami, un ami plus proche d’elle que personne ne l’aurait jamais été. Une amie qui aurait été notre amie. Le manque, il était là, Jeanne, Dan. Le manque, c’était elle. Notre famille peut être au complet, maintenant. Depuis que je l’ai rencontré, je ne doute pas de sa valeur, bien qu’elle me fausse les pistes.
Pendant les deux jours qui suivirent, je me mis à distance d’elle, mais naturellement cette fois-ci. Je voulais réfléchir au moyen le plus sûr pour qu’elle me fasse confiance. C’était ça, elle devait me prendre pour un manipulateur, un nul qui s’approche sans aucun savoir faire de n’importe quelle fille. Ce n’est pas ce que je suis, et je voulais qu’elle le sache comme si ma vie en dépendait. J’étais tellement perdu dans mes pensées, que notre professeur de l’histoire du théâtre m’envoya au tableau exposer ce que je savais sur le théâtre baroque. Je n’avais pas révisé le sujet, mais je m’en sortis grâce à mes connaissances personnelles. Malgré ma prouesse culturelle, je n’étais pas fier, et je n’avais qu’une envie, vous retrouver dans le parc de l’université, pour vous enlacer, vous parler. J’étais secoué, énervé. Je rageais vraiment. J’avais presque envie qu’elle n’aie jamais existé, de ne jamais l’avoir rencontré.
Le lendemain, je faillis sécher : je ne voulais aucunement voir son visage indifférent, qui me blessait vraiment à présent. Pourtant, je suis venu. Et j’ai eu la bonne surprise de la voir s’asseoir sur le siège voisin, toute souriante. Cette fille est clairement étrange. Cela fait trois jours que nous nous mettons ensemble, pour chaque cours que l’on partage, c’est à dire presque tous, à part notre option qui diverge. On ne s’est pas encore parlé, mais elle dégage une réelle bonne humeur. Elle est lumineuse, je vous le dis sincèrement. Je vais prendre le temps de la connaître vraiment. Je ne sais pas si de son côté, elle fait pareille, mais elle s’intéresse à moi, je crois. J’espère que vous serez indulgent donc avec elle. Millie m’envoie des ondes de bonheur dès qu’elle m’approche. Et même lorsqu’elle n’est pas là, je l’a revois sourire, et c’est le spectacle le plus beau du monde.

Je vous aime tellement,
Votre Seth, fidèle à lui-même.
Le 20 octobre 2009, à 17h00.

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Commentaire (1)

1. CanellStory Le 05/02/2009 à 18:10

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je crois que je suis amoureuse de Seth xD Rah ! si seulement j'étais millie ! xDSmiley
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Dernière mise à jour de cette page le 04/02/2009

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