Partir pour mieux se reconstruire.

Je tiens à dire que le titre a été trouvé par ma chère petite Sanne*, malgré elle ;). Merci à toi, de me soutenir dans ces écrits, parce que c'est pas facile :). Pas facile parce que je détesterais que les gens croient que je fais tout ça pour obtenir un prix, une ovation, une gloire. C'est très loin d' être le cas. Je ne dirais pas non plus que j'aie du talent. Mais si, par la façon dont j'explique le comportement d'un de mes personnages, quelqu'un le comprend, le ressent, qu'il en est touché, alors je me sentirais vraiment heureuse, et touchée également. L'écrit, c'est très mystérieux, les gens s'en servent de différentes manières, pour des fins diverses, et moi cela vient totalement de mon coeur et de mes entrailles. Pour dire, après avoir écrit, je me sens très mal, comme vidée. Pas seulement parce que j'y puise du vécu, mais parce que toutes les peurs et les joies de ces personnages, je les ressens au plus profond de mon être, comme s'ils étaient en moi et qu'ils criaient tous leur personnalité respective. Vous devez vous dire que je suis timbrée, peut-être juste passionnée ;). Si ça vous plait en tout les cas, je continuerais, rien que pour vous voir sourire, ou pleurer. Bises. M.J

 

 

PARTIR POUR MIEUX SE RECONSTRUIRE ( EXTRAIT)

 

 

 

Mon portable, qui gisait en dessous de mes oreillers entre divers pyjamas, était sur le point de déclencher le réveil, ce matin là vers cinq heures, alors que mes parents ne s’étaient pas encore levés. Je l’avais judicieusement mis en mode vibreur pour qu’il ne réveille que moi, pour que seule ma nuque en sente les vibrations. Je voulais que mes yeux s’ouvrent d’un seul coup, et que je tombe nez à nez avec le plafond blanc et froid de ma chambre. Lorsqu’il fut l’heure, j’entendis faiblement l’alarme se mettre en marche, et je compris un instant plus tard que mon corps s’était retourné pendant la nuit. Mes cheveux bouclés étaient emmêlés dans les coussins au fond de mon lit, et j’eus du mal à me relever sans être prise de vertige. Quand je sentis le malaise se dissiper, je parvins à m’asseoir en tailleur sur la couette, un polochon férocement enlacé dans mes bras, et à calmer mon agitation soudaine. Puis, une fois que mes mains desserrèrent le polochon pour se poser tranquillement sur le matelas,  je relevais enfin la tête vers la faible lueur qui s’échappait des interstices de mes volets coulissants. Mes sentiments se lisaient comme dans un livre ouvert sur mon visage. On pouvait discerner la détermination dans la prunelle de mes yeux, mais aussi de la crainte. Mes joues prirent feu en pensant à la journée que j’allais bientôt devoir affronter. J’allais souffrir et avoir peur, mais j’attendais cette libération depuis longtemps. Je revins à mes esprits en posant mes pieds sur le parquet, puis je me levais comme une plume jusqu’à l’interrupteur. Une fois la pièce éclairée, j’expirais longuement avant de m’activer en essayant d’être aussi rapide que silencieuse. J’enfilais une robe confortable, mais qui mettait joliment mes formes en valeur. Ce point était essentiel. Il fallait impérativement que je sois féminine, adulte. La plupart du temps, en tant que lycéenne, je n’étais pas spécialement attirée par la mode et l’apparence. Je voulais connaître les autres pour ce qu’ils étaient, et non pas par l’intermédiaire de leur look vestimentaire. Je portais ainsi des jeans basiques, des t-shirts unis, ainsi qu’une paire de basket tout terrain. Mais, en ce jour, mon apparence était primordiale. J’attachais un ruban dans mon dos qui faisait office de ceinture, puis je m’observais dans le miroir, pour analyser le résultat. Si mes camarades de classe m’avaient vu à cet instant, ils n’y auraient pas cru. La transformation était étonnante, presque effrayante. J’étais une femme. Mais la métamorphose n’était pas achevée. J’ouvris un des tiroirs de ma table de nuit pour en sortir une petite trousse argentée poussiéreuse. Une trousse de maquillage, que ma mère m’obligeait à utiliser pendant les jours de fêtes, et aux autres occasions, du moins lorsqu’il y avait du monde. Je pris un rouge à lèvres pétant, de la même couleur que ma robe, puis du mascara pour allonger mes cils et les noircir. J’arrangeais ensuite mes cheveux en les attachant avec une pince, et mis une touche de parfum aux senteurs florales. La fin de ce travail acharné fut une réussite, puisque j’étais même conquise par mon reflet, ce qui était aussi rare que de voir une poule tomber du ciel. Je regardais rapidement ma montre. 5h20. Il fallait que je m’affaire, si je ne voulais pas être en retard à la gare. Je tirais la valise qui m’attendait en dessous de mon lit, pris mon manteau et mes ballerines, et traversa le séjour à une vitesse grand V. Lorsque je déverrouillais la porte, j’eus une pensée pour mes parents, ainsi qu’une certaine nostalgie à l’égard des années où j’avais vécu entre ces murs. Tout doucement, comme pour refermer un livre qu’on a aimé, je refermais la porte sur moi, mon enfance, et mon passé. Je rentrais une dernière fois la clé dans la porte pour la verrouiller, puis je descendis calmement les marches du perron. Je me retournais une ultime fois, pour « photographier » cette vue d’ensemble, retenir cette image, cet endroit que je ne reverrais sans doute plus jamais.

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Commentaire (1)

1. CanellStory Le 31/12/2008 à 19:06

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Magnifique, et ta perception de l'écriture coïncide avec la mienne (je me sens moins seule, lol),. Ce texte est plein de sentiments, on ressent bien le "un jour pas comme les autres", j'aime beaucoup Smiley
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Dernière mise à jour de cette page le 14/01/2009

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