Il y aura évidemment une suite. Encore et encore.

Une fois sur le trottoir d’en face, la crainte me submergea. Avais-je été discrète ?. Malgré le frisson qui me parcourait l’échine, un sourire fissurait mon visage. Avant même d’être libre, j’en ressentais déjà l’effet. Enfin ma vie allait avoir un sens. Cette soif d’aventure ne m’empêchait pas de regarder à gauche et à droite pour discerner au-delà de la brume le taxi qui m’emmènerait loin d’ici. Il arriva enfin, siégeant au volant un homme d’une cinquantaine d’années, qui fumait un cigarillos et paraissait bien fatigué. Après avoir donné l’itinéraire à mon chauffeur, je m’installais confortablement à l’arrière, puis je fermis les yeux. Le courage l’avait emporté sur la peur. J’étais fière, si fière, même étonnée de ne ressentir aucun égoïsme, suite à mon départ. J’étais en train de commettre une sorte de délit affectif, quelque chose qui m’aurait anéanti si l’un de mes proches avait accomplit cette acte regrettable que l’on nomme abandon. Pourtant, comme un monstre en fuite, un criminel en fugue, je ne ressentais pas la moindre culpabilité. Etais-je à ce point ignoble ?. Ou était-ce simplement la dose de souffrances passées qui m’enlevait le moindre bon sentiment ?. Je rouvris soudain les yeux. Dans les rues parisiennes, la brume était si intense qu’on ne distinguait presque plus les voitures embouteillées les unes à la suite des autres. La gare approchait, et je serrais contre mes lèvres mon pendentif en argent que je gardais précieusement au cou à toutes les heures du jour et de la nuit, pour qu’il m’accompagne et m’aide à aller au bout de mes rêves. Je n’étais pas à ce point superstitieuse puisque c’ était davantage la personne auquel était attaché ce somptueux cadeau qui déterminait mes actions que le bijou lui-même. Lorsque le taxi se rangea devant les portes de la gare, il ne faisait pas encore jour, et seules les lumières des réverbères permettaient aux gens de se repérer dans ce flux parisien, dans cette capitale mouvementée et vivante. Je payais le chauffeur qui sortit du véhicule afin de tirer ma valise du coffre, tout en maugréant que les gens achetaient des bagages de plus en plus encombrants. Son pessimisme n’entrava pas ma bonne humeur, une joie qui devenait même de plus en plus intense au fur et à mesure que j’approchais du quai. Parce que sur le quai, il m’attendait.
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1. Pierre-Marie. Le 03/01/2009 à 16:48
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