TRIP-DREAM (2è partie) (Il y a une troisième partie qui sera la fin de la nouvelle, il me reste à écrire la toute fin et à corriger les imperfections)
Le pas est rapide, déterminé. L'homme marche en direction de l'école de son fils. Il regarde sa montre plusieurs fois, manque de se prendre un panneau STOP dans le crâne, et bouscule quelques passants. Cela fait maintenant trente minutes que Lucas attend en présence de la directrice ainsi que Grégory, son meilleur ami. Mme Hoober regarde à droite à gauche, les mains sur les hanches, décontenancée. Le père de Lucas et le père de Grégory sont absents. Apparemment, les parents sont aussi désinvoltes que leurs enfants, pense-t-elle. Soudain, essoufflé, Peter franchit le portail qui conduit au hall de l'école primaire de la ville. Mme Hoober, qui était prête à appeler la famille, s'exclame toute seule en soupirant en voyant un père meurtri et honteux expirer longuement avant de lui tendre une main désolée.
- Peter Dims, Enchanté et je vous pris de m'excuser de mon retard... Mme ... ?
Malgré l'approche timide de cet homme, Mme Hoober ne l'entend pas de cette oreille:
- Je vous attendais à 16h30, il est désormais 17h15. Enchanté.
Après quelques appels inutiles de la directrice envers le père de Gregory, elle décide intérieurement -comme pour sa vengeance personnelle - de condamner Mr Dims pour les deux enfants. Il n'avait qu'à arriver à l'heure. C'est tout tremblant que Peter prends place sur le siège que lui montre cette femme glaciale. Pas le moindre sourire compatissant, pas le moindre encouragement. Mais qu'est ce que son fils a bien pu t-il faire.? C'est vers le déjeuner qu'il avait été prévenu par l'école que Lucas s'était montré agressif et violent contre une petite fille. Pire, le garçon n'avait pas agit seul. Sûrement Grégory, pense alors l'homme. Il avait alors essayé de partir au plus vite de la maison, mais son agent Finn l'en empêcha. En effet, il le réprimanda sur son recueil de nouvelles qui traînait, qu'il le lui fallait prêt pour le mois de mai au plus tard, et que l’écrivain devait impérativement lui fournir une partie de son travail sinon quoi il arrêterai d’être son agent. Dans le plus grand stress, enchaînant les clopes et le café, Peter écrivit alors le plus vite possible, la fin d'un thriller qu'il avait pourtant tranquillement commencé. L'écrivain était exaspéré. Comment écrire une bonne fiction quand le temps était alors compté ? C'est le business, pensa t-il, en finissant son récit, et oubliant ainsi son rendez vous urgent avec Mme Hoober. Celle-ci omit de reparler de l'incident, mais son attitude dure et cassante ne fit que s'accentuer pendant l'entretien, au grand désarroi de Peter.
- Je vous convoque aujourd'hui pour vous informer des agissements cruels de ces enfants. Indubitablement à cause de vous Monsieur et de votre femme, si vous êtes marié. Et de votre éducation, inéluctablement, mais l'éducation découle des géniteurs. On en revient donc à vous, toujours vous. Votre fils, et son petit camarade, ont attaché, ligoté Bernadette autour d'un arbre avant de chanter des incantations ridicules autour et de lui jeter des cailloux au visage. La petite n'a rien, mais je ne vous cache pas le traumatisme qu'elle a du subir ! Mais Lucas et Grégory n'en ont pas tenu compte. Ils ont continué à appeler les esprits. Les esprits ! Vous les laissez visionner des films qu'ils ne devraient pas voir, je n'en doute pas. Naturellement, vous ne veillez pas sur eux. J'exclue définitivement votre enfant ainsi que celui de Mr Poke. Je ne veux plus avoir affaire à eux. Je n'éviterai pas d'écrire dans leurs dossiers respectifs d'être refusé dans chaque établissement du secteur. Honte à vous. Vous pouvez disposer. Vite. Sortez !
Peter ne prononce pas un seul mot. Même pas un son ,un bruit qui aurait pu en dire davantage sur ce qu'il ressent. Mais l'homme ne ressent à vrai dire rien. Mme Hoober avait présenté les choses tellement rapidement, sans lui laisser l'occasion d'intervenir, sans lui laisser la moindre chance. Il ne réalise pas l'acte de son fils, ni son exclusion. Il a juste l'impression d'avoir passé cinq minutes dans le bureau d'une femme qui ne l'aurait jamais séduit. Une femme stéréotypée, sans chercher à comprendre le pourquoi d'un acte. Il sort du bureau, dépité et indescriptible, et prend la main de son fils et de Grégory. Après avoir déposé Grégory, expliquer, ré expliquer l'état de la situation à Mr Poke, un Homme petit et barbu, qui lui sembla plus sympathique que désinvolte, il rejoint sa Peugeot 206 et conduit sans réellement penser à la route. Finalement, il ouvre la porte de la maison, et enlève sa veste, qui lui parait de trop. Rose est au salon, un bandana recouvrant ses longs cheveux châtains. Elle repeint un meuble au milieu de la pièce qui sent l'encens et qui regorge de musique douce. A la tête désemparé de son mari, Rose éteint la chanson " I wait For You " et s'approche de Peter qui l'a prend dans ses bras. Pendant que Rose et Peter parlent au Salon, Lucas monte en vitesse dans la chambre de James, son frère cadet, parce qu’il n’a pas envie de se faire disputer. Rose, apprenant la nouvelle, tombe des nues. Son fils n'a jamais été perturbateur, encore moins violent. Elle se demandait comment allait se poursuivre la vie scolaire de Lucas, étant donné son exclusion. Rose sort sur la terrasse, seule. Elle a besoin de souffler. Pourquoi n'est-elle jamais tranquille? Le bonheur peut-il éviter d'être éphémère? Apparemment non.
Peter avait cessé de passer ses nuits à écrire. A présent, il utilisait son temps de travail le jour. Il avait fait de grands efforts pour rendre sa petite famille heureuse. Il avait même perdu du poids. Rose était fière de son mari, fière de leur nouvelle vie. Rose n'était pas en colère contre Lucas, elle s'inquiétait c'est tout. Pendant que Rose rentrait à l'intérieur et montait les marches qui menait à la chambre de son fils, Peter, lui, avait trouvé le numéro de Bernadette Mely dans l'annuaire. Il voulait présenter personnellement ses excuses, éventuellement rendre visite aux parents de la fillette. C'est une voix douce et frêle qui décrocha le combiné:
- Allo?
- Bonjour, je me présente. Je suis Peter Dims. Je... suis désolé de vous importuner, mais mon fils a fait peur et a probablement blessé votre fille Bernadette. Je voulais vous présenter de plus plates excuses. Il n'est vraiment pas violent habituellement. Ma femme est en train de lui parler, je ne sais pas ce qui s'est passé...
- Ah.
- Pourrai-je venir avec Lucas pour qu'il parle à votre fille?
- Non, ce ne sera pas nécessaire. Je vous suis reconnaissante de prendre des nouvelles, mais je ne pense pas que Bernadette aie vraiment envie de voir votre fils, monsieur.
- Oui, évidemment, c'est normal, je comprends...
- Je préfère tenir ma fille à distance. je ne suis pas insensible, mais elle n'est pas sortie depuis l'incident.
- mmh.
- Je... merci d'avoir appelé. Au revoir.
Et la communication rompu. Echec cuisant. Il allait rejoindre son épouse lorsque le téléphone sonna derechef.
- Allo
- Oui, c'est encore moi, Lucy Mely. Je change d'avis. Venez avec votre fils demain à 18h.
Lucy donna à Peter toutes les informations pour qu'il trouve son habitat et raccrocha. Essayons, se dit-elle. Cet homme lui avait parut sincère. Après tout, les enfants commettent des bêtises, y comprit les adultes et les vieillards. Voilà, c'est un fait. Les hommes font des erreurs, et certains ne les assument pas. Alors elle décida de faire confiance à ce Mr Dims, même si elle restait sur ses gardes. Bernadette dormait presque tous les jours, et les rares fois où elle se levait, c'était pour manger, regarder la télévision, ou aller au pipi room. Elle avait très peur d'affronter la rue, le regard des autres. Elle sentait dans chacun d'eux une menace, une envie de faire du mal. Tous ces visages inconnus et ces regards pourtant normaux lui semblaient destinés. Marcher jusqu'à la boulangerie - à 300 mètres - était une réelle épreuve. Elle n'avait plus confiance en personne. De plus, avant son agression, elle était secrètement amoureuse de Lucas. Elle le trouvait beau, intelligent. Ce petit garçon proposait toujours des idées originales en classe. Il était différent des autres stupides élèves, selon elle. Alors découvrant la réelle personnalité de son prétendu "héros", elle en pleurait doublement. Pour Bernadette, si son amour secret était faux, tout le monde l'était. C'est pourquoi elle se cacha sous les couvertures et se blottie contre son nounours lorsque la sonnette retentit le lendemain aux alentours de 18h.
A l'entrée de la maison se trouvait Peter en compagnie de Lucas qu'il avait réussi à traîner jusque là. Rose avait eu une grande discussion avec son fils et elle avait réalisé que Lucas était enfaîte inconscient et pensait qu'en récitant des incantations qui n'existait même pas, Bernadette tomberait amoureuse de lui. il avait lu également dans un livre de fiction qu'il fallait jeter des pierres sur la personne concerné tout en chantonnant les diverses paroles. Rose, en entendant cette histoire, était partagé entre l'idée de rire et de crier.
Lorsque la porte s'ouvrit, Peter ouvrit la bouche pour parler, mais il s'arrêta bien vite. La femme en face de lui était la femme dont il s'était inspiré pour une de ses nouvelles ayant pour thème les rêves, et le subconscient. Celle qu'il avait croisé quelques mois plus tôt à l'école primaire. La belle jeune femme fraîche et rosée, les yeux bleu gris doux et rêveurs. Celle qui était sensée appartenir à ses rêves se tenait en face de lui, et attendait des explications. Le dieu de l'amour se foutait de lui. Pourquoi elle? Celle qu'il voulait croiser dans un parc un dimanche après-midi, au coin d'une rue, ou dans l'ambiance vintage et romantique d'un café. Raté.
- Vous allez bien? demanda l'effigie de l'écrivain, soudain désorientée.
- Heu, oui pardonnez moi. Voila mon fils Lucas.
Alors que Rose était partagée entre rire et pleurs, Lucy, elle, était partagée entre saluer le petit garçon et l'étriper. Elle le salua, évacuant rapidement l'autre proposition. La belle jeune femme fit entrer les deux coupables et les fit attendre dans le vestibule. Peter examina chaque recoin de la pièce pour dénicher de plus amples renseignements sur les goûts et la personnalité de sa déesse. Il était fou amoureux de Rose, et l'idée de la tromper lui paraissait impossible, mais Lucy appartenait à ses fantasmes les plus profonds, à sa bulle intérieure où seule cette fée avait le droit d'entrer et de subsister. Rose faisait partie de la vie réelle, à la terre, tandis que Lucy appartenait à ses rêves, au ciel. Les murs étaient recouverts de photographies avec des proches de Lucie, des amis et de la famille. Peter aurait préféré détesté l'endroit, mais cela renforça davantage son idéalisation par ces couleurs pastels qui recouvraient les murs, ces vases fleuries de roses de toutes les couleurs, de toiles peintes d'une main fine et abstraite, cette espace ressemblant bien à un petit cocon artistique. Confort, beauté et plaisir de vivre, un certain lyrisme se dégageait de chaque œuvre, chaque objet. L'écrivain était comme envoûté par l'aspect frais et naturel de la pièce qui avait malgré tout une petite touche de sophistication. Lucy revint quelques minutes plus tard, accompagnée d'une petite fille qui avançait lentement et tête baissée en direction des Dims. Elle était belle comme sa mère, cette Bernadette, mais d'une élégance naturelle qui lui donnait beaucoup de charisme. Elle avait de longs cheveux blonds et des grands yeux bleus interrogateurs. Peter donna un coup de coude à son fils. Lucas se sentait gêné. Il n'avait pas voulu faire de mal à Bernadette, il souhaitait simplement se rapprocher d'elle. Il ne se serait jamais douté que les évènements se passeraient ainsi. Pour lui, l'incantation allait fonctionner, Bernadette serait délivrée et tomberait dans ses bras, folle amoureuse. Malgré son embarras, Lucas s'approcha de Bernadette, assez pour la regarder droit dans les yeux. Lucas n'avait pas encore dit un seul mot quand Bernadette pensa que simple le regard du petit garçon le pardonnait à moitié.
- je suis désolé, je m'excuse
La petite fille ne disait rien, attendait mieux.
- Je suis vraiment désolé. Je voulais juste jouer, je croyais pas à ce que je faisais. C'était pas pour faire mal. Pas à toi, dit l'enfant rougissant.
Il faudrait beaucoup de temps à Bernadette pour oublier la peur. Mais elle se sentait satisfaite par rapport à son agresseur. Il lui avait fait des excuses. Elle était désormais au dessus de lui en quelque sorte. Elle était la victime, lui avait les remords. Elle sourit au garçon avant de hocher frénétiquement la tête.
Lucy aurait bien proposé un café à son interlocuteur, mais cela aurait été exagéré. L'enfant s'était excuser point. Elle ne voulait pas lier davantage de liens avec un homme qu'elle avait rencontré parce que son fils avait été violent. Même si elle sentait que Lucas n'était pas un vilain garçon et que son père était plus perdu que mauvais, elle n'aimait pas réellement son allure de grand enfant maladroit. Il devait être d'une gentillesse folle, certainement, mais pas d'une grande intelligence, pensait-elle. Un brin lourd selon elle. Bien que le décalage entre leurs impressions respectives s'amplifiait, Peter ne s'en doutât pas. Pourtant, cette entrevue l'avait clairement décidé à ne plus revoir Lucy. A ne pas essayer de la connaître davantage. Peter craignait enfaîte la déception. Le désagrément de relever des caractéristiques éloignées de ses souhaits. La désillusion de voir un rêve se transformer en cauchemar. Le physique simple et délicat de Lucy ainsi que son doux visage et ses yeux d'un bleu tendre le trompait, l'induisait en erreur. Peut-être le cœur de cette jeune femme était tout ce qu'il y avait de plus basique. L'apparence faussait l'intériorité. Le corps et l'esprit de Lucy pouvait se trouver dans un accord parfait, mais l'écrivain ne voulait pas l'apprendre. Il préférait garder l'image de Lucy dans ses pensées plutôt que de la découvrir, au risque de manquer une personnalité exceptionnelle. C'est cela la limite et le gros problème du rêve. Il nous embarque tellement loin, qu'il est difficile de poser tranquillement le pied sur la terre. On tombe au contraire violemment. On se confronte aux réalités, au vrai. Le vrai est l'ennemi du rêve. Il fausse toutes les perceptions, les espoirs, et dans le cas de Peter, les idéalisations d'un amour trop idyllique pour être possible.
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